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Poèmes sur les fleurs

 
Par Ana Corujo Rodriguez. 30 juin 2020
Poèmes sur les fleurs

Les poètes tirent leur inspiration des sentiments et des émotions, de la nature et des saisons. Le printemps par exemple est une saison où belles odeurs, belles couleurs et beaux paysages prennent vie, c'est pourquoi il est devenu une très grande source d'inspiration pour les écrivains de tous les temps. Dans cet article de toutCOMMENT, nous vous proposons une sélection de 5 poèmes sur les fleurs qui vous transporteront par la légèreté d'écriture. Bonne lecture !

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Poème sur les fleurs - Jacques Prévert

Pour le premier poème sur les fleurs, nous vous proposons un poème de Jacques Prévert, figure emblématique de la littérature française. Le poème sur le thème des fleurs s'intitule Fleurs et Couronnes :

Homme

Tu as regardé la plus triste la plus morne de toutes les fleurs de la terre

Et comme aux autres fleurs tu lui as donné un nom

Tu l'as appelée Pensée.

Pensée

C'était comme on dit bien observé

Bien pensé

Et ces sales fleurs qui ne vivent ni ne se fanent jamais

Tu les as appelées immortelles...

C'était bien fait pour elles...

Mais le lilas tu l'as appelé Lilas

Lilas c'était tout à fait ça

Lilas...Lilas...

Aux marguerites tu as donné un nom de femme

Ou bien aux femmes tu as donné un nom de fleur

C'est pareil.

L'essentiel c'était que ce soit joli

Que ça fasse plaisir...

Enfin tu as donné les noms les plus simples à toutes les fleurs simples

Et la plus grande la plus belle

Celle qui pousse toute droite sur le fumier de la misère

Celle qui se dresse à côté des vieux ressorts rouillés

A côté des vieux chiens mouillés

A côté des vieux matelas éventrés

A côté des baraques de planches où vivent les sous-alimentés

Cette fleur tellement vivante

Toute jaune toute brillante

Celle que les savants appellent Hélianthe

Toi tu l'as appelée soleil

...Soleil...

Hélas! hélas! hélas et beaucoup de fois hélas!

Qui regarde le soleil hein ?

Qui regarde le soleil ?

Personne ne regarde plus le soleil

Les hommes sont devenus ce qu'ils sont devenus

Des hommes intelligents...

Une fleur cancéreuse tubéreuse et méticuleuse à leur boutonnière

Ils se promènent en regardant par terre

Et ils pensent au ciel

Ils pensent... ils pensent...ils n’arrêtent pas de penser...

Ils ne peuvent plus aimer les véritables fleurs vivantes

Ils aiment les fleurs fanées les fleurs séchées

Les immortelles et les pensées

Et ils marchent dans la boue des souvenirs dans la boue des regrets

Ils se traînent

A grand-peine

Dans les marécages du passé

Et ils traînent...ils traînent leurs chaînes

Et ils traînent les pieds au pas cadencé...

Ils avancent à grand-peine

Enlisés dans leurs champs-Elysées

Et ils chantent à tue-tête la chanson mortuaire

Oui ils chantent

A tue-tête

Mais tout ce qui est mort dans leur tête

Pour rien au monde ils ne voudraient l'enlever

Parce que

Dans leur tête

Pousse la fleur sacrée

La sale maigre petite fleur

La fleur malade

La fleur aigre

La fleur toujours fanée

La fleur personnelle...

...La pensée...

JACQUES PRÉVERT

Poème sur les fleurs du printemps

Comme nous l'avons dit, le printemps est une saison qui marque le renouveau dans la nature : les fleurs bourgeonnent, les plantes fleurissent, les températures se radoucissent, les animaux hibernants se réveillent et les neiges fondent. Le regain de la nature au printemps est donc une source d'inspiration inépuisable et à cette occasion, la poésie sur les fleurs est abondante et le poète français Théophile Gautier a écrit, dans son recueil Émaux et Camées, un poème intitulé La fleur qui fait le printemps :

Les marronniers de la terrasse
Vont bientôt fleurir, à Saint-Jean,
La villa d'où la vue embrasse
Tant de monts bleus coiffés d'argent.

La feuille, hier encore pliée
Dans son étroit corset d'hiver,
Met sur la branche déliée
Les premières touches de vert.

Mais en vain le soleil excite
La sève des rameaux trop lents ;
La fleur retardataire hésite
A faire voir ses thyrses blancs.

Pourtant le pêcher est tout rose,
Comme un désir de la pudeur,
Et le pommier, que l'aube arrose,
S'épanouit dans sa candeur.

La véronique s'aventure
Près des boutons d'or dans les prés,
Les caresses de la nature
Hâtent les germes rassurés.

Il me faut retourner encore
Au cercle d'enfer où je vis ;
Marronniers, pressez-vous d'éclore
Et d'éblouir mes yeux ravis.

Vous pouvez sortir pour la fête
Vos girandoles sans péril,
Un ciel bleu luit sur votre faîte
Et déjà mai talonne avril.

Par pitié, donnez cette joie
Au poète dans ses douleurs,
Qu'avant de s'en aller, il voie
Vos feux d'artifice de fleurs.

Grands marronniers de la terrasse,
Si fiers de vos splendeurs d'été,
Montrez-vous à moi dans la grâce
Qui précède votre beauté.

Je connais vos riches livrées,
Quand octobre, ouvrant son essor,
Vous met des tuniques pourprées,
Vous pose des couronnes d'or.

Je vous ai vus, blanches ramées,
Pareils aux dessins que le froid
Aux vitres d'argent étamées
Trace, la nuit, avec son doigt.

Je sais tous vos aspects superbes,
Arbres géants, vieux marronniers,
Mais j'ignore vos fraîches gerbes
Et vos arômes printaniers.

Adieu, je pars lassé d'attendre ;
Gardez vos bouquets éclatants !
Une autre fleur suave et tendre,
Seule à mes yeux fait le printemps.

Que mai remporte sa corbeille !
Il me suffit de cette fleur ;
Toujours pour l'âme et pour l'abeille
Elle a du miel pur dans le cœur.

Par le ciel d'azur ou de brume
Par la chaude ou froide saison,
Elle sourit, charme et parfume,
Violette de la maison !

THÉOPHILE GAUTIER

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Poème sur les fleurs et l'amitié

Quoi de plus beau que de mêler nature et sentiments au sein d'un poème sur le thème des fleurs ? Le poète Edmond Arnould, dans son poème L'amitié est la fleur de l'âme, tiré du recueil Sonnets et poèmes, compare l'amitié à la floraison d'une fleur :

Je bénis l'amitié, cette chose divine !
Elle est la fleur de l'âme en sa maturité,
Lui redonnant l'espoir et la sérénité,
Quand sous le poids du doute elle tombe et s'incline.

Dans les âpres sentiers où l'être humain chemine,
Où tous laissent leur force, et parfois leur bonté,
Celui-là seul au but marche avec sa fierté,
Qu'un vrai regard d'ami doucement illumine.

Ne médisons jamais de l'amour, fût-il mort ;
Mais, s'il exalte l'homme, il ne le rend pas fort :
Il monte pour descendre, il brille pour s'éteindre ;

Tandis que l'amitié, noble instinct d'un cœur droit,
Ne visant pas plus haut qu'elle ne peut atteindre,
De tout ce qu'elle donne incessamment s'accroît.

EDMOND ARNOULD

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Poème sur les fleurs et la mort

La mort est un thème qui a beaucoup inspiré les auteurs d'autrefois. Les Fleurs du Mal, recueil de poèmes de Charles Baudelaire en est l'exemple même. Dans l'un de ses écrits intitulé La Mort des Amants, le célèbre poète parvient à mêler le thème des fleurs et de la mort :

Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Écloses pour nous sous des cieux plus beaux.

Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;

Et plus tard un Ange, entr'ouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.

CHARLES BAUDELAIRE

Autre poème sur les fleurs

Le dernier de notre top 5 des poèmes sur les fleurs est tiré du recueil Poésies Nouvelles du poète Alfred de Musset. Dans sa poésie sur les fleurs, l'écrivain mêle sensibilité, douceur et émotions. Voici son poème intitulé À une fleur :

Que me veux-tu, chère fleurette,
Aimable et charmant souvenir ?
Demi-morte et demi-coquette,
Jusqu'à moi qui te fait venir ?

Sous ce cachet enveloppée,
Tu viens de faire un long chemin.
Qu'as-tu vu ? que t'a dit la main
Qui sur le buisson t'a coupée ?

N'es-tu qu'une herbe desséchée
Qui vient achever de mourir ?
Ou ton sein, prêt à refleurir,
Renferme-t-il une pensée ?

Ta fleur, hélas ! a la blancheur
De la désolante innocence ;
Mais de la craintive espérance
Ta feuille porte la couleur.

As-tu pour moi quelque message ?
Tu peux parler, je suis discret.
Ta verdure est-elle un secret ?
Ton parfum est-il un langage ?

S'il en est ainsi, parle bas,
Mystérieuse messagère ;
S'il n'en est rien, ne réponds pas ;
Dors sur mon cœur, fraîche et légère.

Je connais trop bien cette main,
Pleine de grâce et de caprice,
Qui d'un brin de fil souple et fin
A noué ton pâle calice.

Cette main-là, petite fleur,
Ni Phidias ni Praxitèle
N'en auraient pu trouver la sœur
Qu'en prenant Vénus pour modèle.

Elle est blanche, elle est douce et belle,
Franche, dit-on, et plus encor ;
A qui saurait s'emparer d'elle
Elle peut ouvrir un trésor.

Mais elle est sage, elle est sévère ;
Quelque mal pourrait m'arriver.
Fleurette, craignons sa colère.
Ne dis rien, laisse-moi rêver.

ALFRED DE MUSSET

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Bibliographie

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